Cézorzinski est venu à la peinture abstraite il y a quelques années à peine, et il y excelle, laissant à l’observateur le libre choix du sujet, selon l’humeur, le moment. Sur des toiles de lin de moyenne à grande taille, il pétrit en profondeur huiles et glycéro qu’il fait brillamment danser avec la lumière.
Sa puissance créatrice est concentrée au milieu de ses toiles et se diffuse avec abondance vers les contours. Dans un jaillissement quasi métaphysique, l’énergie émerge des noires profondeurs du centre pour inonder et envahir l’entièreté de la toile de nuances sans fin et subtiles de la tonalité dominante, tel un ballet ininterrompu à l’esthétique jamais altérée. Le mouvement, la vitesse, la puissance créatrice sont toujours présents et se propagent irrésistiblement au-delà des pourtours de la toile. La sensation de générosité et d’abondance qui se dégage de ses tableaux est mise en relief grâce à la superposition de couches successives de matière travaillée longuement et en profondeur, technique qu’il a enrichie au cours de sa période précédente consacrée à des sujets ethniques et figuratifs.
Cette richesse n’est jamais lourde, ni épaisse. L’équilibre et l’harmonie dominent, constituant un ensemble à l’esthétique sûre et recherchée.
Jean-Philippe Masserann,
auteur du livre : "Les Princes de Bonneval et le citadin" - Editions THOT
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"Le doux rêveur"
Par Francis PARENT, critique et historien d'art.
Classification : A170-A190-A240-B210-B200-C190-D110-D130
axe A : FORMALISME
Quand on regarde une oeuvre, quel type de formalisation se donne à voir de prime abord ? Est-ce plutôt abstrait, plutôt figuratif, etc ? (classé du plus "immatériel" au plus "réaliste").
axe B : MATERIALITE
Comment se présente la matérialité de ce qui est donné à voir ?
(classé du plus "immatériel" au plus "réel").
axe C : INVESTISSEMENT CORPS / ESPRIT
Avec quel ratio Corps / Esprit, l'artiste s'investit-il dans son œuvre ?
Classé du plus "intellectuel" (p.ex. "l'Art Conceptuel", ...) au plus "physique" (p.ex. le "Body Art", ...).
axe D : COMMUNICATION
L'artiste a t-il une volonté délibérée de communiquer à travers ses oeuvres un message quelconque ?
(classé du plus "spiritualiste" au plus "sociétal").
A170 : mixte (entre construit et non construit )
du "Field Painting" à "l'Expressionnisme Abstrait" ; accaparement de l'espace pictural dans l'accroissement de ses limites "all over" (Mark Rothko, Jackson Pollock, J.P. Riopelle, Joan Michell, Judith Reigl, …).
A190 : mixte (entre "Matièrisme", "Tachisme" et "Gestuel")
(Willem De Kooning, Clifford Still, Antoni Tapiès, Bengt Lindström, Riopelle, Olivier Debré, ...).
A240 : inclusion de figures (ou d'objets réels) dans l'abstrait
Figurations plus ou moins réalistes, plus ou moins importantes, mais toujours en tant que détails dans un ensemble restant globalement abstrait (Fernand Léger, Jan Voss, Antoni Tàpies, W. De Kooning, les "combine paintings" de R. Rauschenberg, ...).
B200 : avec prééminence des couleurs
avec leurs force intrinsèque, symbolique (p.ex. "les bleus" de Monory, "les rouges" de G. Fromanger), historique, sociale, etc., et leur structuration, les couleurs sont ici le plus important (Jules Olitsky, Peter Halley, ...).
B210 : avec prééminence des matières
leur épaisseur, leur composition ou leur travail architectonique plutôt structuré (comment les matières sont "baties"), sont ici le plus important (Eugène Leroy, Bertrand Lavier, ...).
C190 : gestuelle
l'oeuvre comme résultat d’une gestualité corporelle, mais essentiellement manuelle : du "Dripping" de Jackson Pollock à "l’Abstraction Lyrique" de Georges Mathieu; des "perforations" de L. Fontana à la figuration écorchée de V. Vélickovic.
D110 : avec des spiritualités diverses, ou du religieux moins marqué
(de Barnett Newman à Mark Rothko, de Roman Opalka à Arnulf Rainer, ...).
D130 : par ses variations de réalisation :
- sérialité, multiplication (Claude Viallat, Niele Toroni, "figurines" de Antony Gormley, ...).
- accumulation, compression (J. Chamberlain, Arman, César, ...).
- subtilités, variabilité des matériaux ("les blancs" de Rober Ryman ; les dissolutions de "matière / vie" comme chez Roman Opalka ou chez On Kawara, ...).
Approche de classification pour une taxinomie visuelle générale de la création artistique de l’artiste peintre : Pierre Cézorzinski, pour l'oeuvre : "La belle conquête de l'homme" 100x100cm Huile 2008
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Le texte explicatif associé à chacun des quatre critères analysés (A - formalisme, B - matérialité, C - investissement, D - communication) positionne l’œuvre de l’artiste dans l’histoire de l’art en rappelant éventuellement les courants artistiques auxquels elle se rattache, ou les noms des artistes illustres s’étant exprimés dans une approche voisine.
A : FORMALISME
Le premier critère porte sur le formalisme de l’œuvre : que voit-on quand on regarde une œuvre, quel type de formalisation se donne à voir de prime abord ? Est-ce plutôt abstrait, plutôt figuratif, plutôt..., etc (classé du plus "immatériel" au plus "réaliste").?
A170 : Abstrait mixte (entre construit géométrique et non construit informel)
du "Field Painting" à "l'Expressionnisme Abstrait" ; accaparement de l'espace pictural dans l'accroissement de ses limites "all over" (Mark Rothko, Jackson Pollock, J.P. Riopelle, Joan Michell, Judith Reigl, …).
A190 : Abstrait non construit / "Informel", mixte entre matière, taches et gestuelle
(Willem De Kooning, Clifford Still, Antoni Tapiès, Bengt Lindström, Riopelle, Olivier Debré, ...).
B : MATERIALITE
Le second critère porte sur la matérialité de ce qui est donné à voir. S’agit-il de pur concept, de jeu de matières, d’objet détourné etc. (classé du plus "immatériel" au plus "réel") ?
B180 : en matérialité matérialité mixte : structurée / non structurée
lorsqu’une œuvre est "structurée" dans sa "non structuration", et inversement (répétitivités de formes, de signes, de matières... Viallat, Toroni, Degottex, Hantaï,...).
B210 : en matérialité structurée, avec prééminence des matières
leur épaisseur, leur composition ou leur travail architectonique plutôt structuré (comment les matières sont "baties"), sont ici le plus important (Eugène Leroy, Bertrand Lavier, ...).
B200 : en matérialité structurée, avec prééminence des couleurs
avec leurs force intrinsèque, symbolique (p.ex. "les bleus" de Monory, "les rouges" de G. Fromanger), historique, sociale, etc., et leur structuration, les couleurs sont ici le plus important (Jules Olitsky, Peter Halley, ...).
C : INVESTISSEMENT CORPS / ESPRIT
Le troisième critère porte sur « l’investissement » de l’artiste dans son œuvre. Avec quel ratio Corps / Esprit, l'artiste s'investit-il dans son œuvre ? Classé du plus "intellectuel" (p.ex. "l'Art Conceptuel", ...) au plus "physique" (p.ex. le "Body Art", ...).
C190 : plus vers la corporéité / les sens, l’œuvre est le résultat d'une action gestuelle
l'oeuvre comme résultat d’une gestualité corporelle, mais essentiellement manuelle : du "Dripping" de Jackson Pollock à "l’Abstraction Lyrique" de Georges Mathieu; des "perforations" de L. Fontana à la figuration écorchée de V. Vélickovic.
D : COMMUNICATION
Le quatrième critère porte sur l’aspect « communication » : L'artiste a t-il une volonté délibérée de communiquer à travers ses œuvres un message quelconque ? (classé du plus "spiritualiste" au plus "sociétal").
D110 : via le signifié avec des spiritualités diverses, ou du religieux moins marqué
(de Barnett Newman à Mark Rothko, de Roman Opalka à Arnulf Rainer, ...).
